L’Agence italienne des douanes et des monopoles a ajouté Polymarket à sa liste noire de sites de jeux d’argent non autorisés. Cette mesure réglementaire marque le deuxième blocage de la plateforme dans le pays et fait suite à des restrictions récentes dans plusieurs marchés européens.
La décision de l’ADM place la plateforme de prédiction basée à New York aux côtés des opérateurs de paris offshore illégaux. L’agence doit désormais soumettre un rapport au parquet public de Rome, ce qui pourrait déclencher des poursuites pénales. L’Italie l’un des plus grands secteurs de paris du continent, avec des revenus bruts de jeux atteignant 333,7 millions d’euros en décembre.
Le segment en ligne a connu une restructuration l’année dernière, limitant les licences actives à 46 opérateurs et supprimant l’option de gérer des interfaces de marque.
Actions réglementaires européennes et portée du marché
Les plateformes de prédiction font l’objet d’un examen coordonné dans toute l’UE. Polymarket a rencontré des blocages en France en 2024 et en Belgique en 2025, tandis que les autorités espagnoles ont imposé une restriction temporaire, aux côtés de la rivale Kalshi, en avril. Neuf régulateurs européens ont lancé une initiative conjointe le mois dernier pour répondre aux préoccupations relatives à la protection des joueurs et à l’intégrité du marché.
En Allemagne, la GGL a ouvert une enquête sur ADI Predictstreet, qui a obtenu une licence de jeu de Gibraltar plus tôt cette année. L’Autorité européenne des marchés financiers a également souligné que les contrats oui/non avec des paiements fixes pourraient être classés comme des options binaires, limitant leur commercialisation auprès des clients particuliers.
Le moment du blocage italien coïncide avec un accord de sponsoring de 19 millions d’euros entre Polymarket et le club de Serie A SS Lazio, annoncé en avril 2026. Stefano Tino, directeur général de la division Europe du Sud de Betsson, a déclaré : « La décision de l’ADM renforce le principe selon lequel des réglementations uniformes doivent s’appliquer à tous les participants du marché. »
Polymarket figurait déjà sur la liste noire de l’ADM à la fin de 2025 avant d’être réintégrée suite à des procédures judiciaires devant le tribunal administratif régional du Latium. La restriction actuelle prime sur cette résolution antérieure.